15 septembre 2013

Ici,
de mars 2008 à septembre 2013,
il y a eu 
beaucoup d'amour. 
Merci aux voyageurs qui m'accompagnèrent.
See you soon, on the moon.

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19 avril 2013

dehors il fera mauve

Vendredi 19 avril 2013.
J'ai 25 ans. 
Que ma joie demeure. 

*

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26 décembre 2011

lettre à une vieillarde du prochain siècle

Toi, là, tu te tiens les épaules voûtées ; tu as peut-être les cheveux gris, ou peut-être blancs ; tu as perdu des dents en route ; ton visage est marqué par le temps ; tu grinces un peu des articulations ; tu oublies des choses ; tu cherches tes mots et certains de tes souvenirs ; tu dors peu ; tu souris peu ; tu vis silencieusement. Du corps que ton père et moi avons façonné, il ne reste sans doute plus grand chose. Tes joues rebondies d'un rose délicieux, ta voix si claire et ton rire si franc, tes cheveux soyeux, ta peau lisse et veloutée, tout ça n'existe plus. Mais là, oui, là, dans ce corps de vieille femme, il y a ton cœur qui bat, cette pulsation qui vient de l'amour, de l'amour véritable. Et puisses-tu avoir gardé, dans un recoin de ce cœur, les caresses que ton père faisait à mon ventre qui t'abritait, les mots que je t'ai murmurés quand tu es sortie de moi, le goût de mon sein et l'odeur de nos corps, nos rires en cascade et la sensation de la vie qui vibre dans ton petit corps de toute petite fille. Puisses-tu avoir gardé, ma chérie, ma toute douce, un peu de ton adorable naïveté, un peu de ton étonnement perpétuel, un peu de ta tendresse et un peu de ta bougonnerie, puisses-tu avoir gardé cette incroyable manière que tu as d'être au monde. Je ne serai plus là, tu sais, mon amour, pour te tenir la main, pour caresser ton crâne, pour cueillir tes larmes avec ma langue avant qu'elles ne roulent sur tes joues, pour jouer à la maman tigre et te faire rire aux éclats, pour te gronder avec les sourcils froncés quand tu fais une bêtise, pour t'écouter dire tout et puis aussi n'importe quoi, pour te couvrir quand tu as froid et t'asperger quand tu as chaud. Mais de toutes façons, est-ce qu'on aime toujours jouer aux tigres quand on a quatre-vingt-dix ans, hein ? On ne sait pas mon cœur, on ne sait pas. Je ne serai plus là, mais j'imagine la plaisanterie dans tes yeux, la délicatesse de tes mains bleutées, la grâce de tes mouvements de vieille dame. Et sache qu'au jour de ton premier anniversaire, ton père et ta mère ont beaucoup parlé de toi, et surtout du moment où tu as miaulé pour la première fois, ils ont écrit des mots d'amour sur du papier marqué de ton initiale, pour que tu puisses les lire plus tard ; sache surtout que tu as regardé la flamme de la bougie avec curiosité ; que tu as écouté Vivaldi en dansant de tout ton petit corps, que tu as été fêtée par les gens qui t'aiment et que tu as beaucoup ri. Et tu sais, j'espère, oh oui, j'espère de tout mon cœur, que ce sera presque pareil pour ton anniversaire au début du siècle prochain. So long, mon lapin, et n'oublie pas, la vie est là, droit devant.

*

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06 avril 2011

rendez-vous qui sait

// Le mercredi 6 avril 2011, il fait beau dehors, le soleil frappe, un, l'immeuble d'en face et se répercute, deux, sur nos fenêtres. Sur le lit blanc, il y a elle qui dort le visage vers la lumière, c'est son premier printemps, vous comprenez, son premier printemps. Je lis tous les jolis mots que vous m'avez offert pour ce printemps-là, c'est un si beau cadeau, merci. / Le mercredi 6 avril 2011, il est midi quarante-neuf, la rumeur des rues se mêle au son sourd du four qui préchauffe et à la voix de B. B., je regarde des photos de l'année dernière pour savoir si l'arbre sous la fenêtre a grandi. J'ai mal au ventre quand je pense à mon anniversaire qui approche, je me souviens de mes 22 ans au goût de sel, alors, avec elle, on va partir, toutes les deux, pour quelques jours. Loin. Un peu. Un peu loin, pas trop. / Le mercredi 6 avril 2011, j'ai les ongles des pieds rouges et j'ai jeté tous mes collants, ils étaient filés. Tous. Tous, filés. Quand je marche dans la rue, quelques fois, je courbe un peu l'échine, comme pour mieux attendre la balle qui sortira d'un flingue pour me traverser la tête. Pas vous ? / Le mercredi 6 avril 2011, j'écris ici mais je rêve de coucher des mots sur du papier. Et après, leur faire l'amour ? Je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à grand chose, de toutes façons. Il faudrait que toute la vie soit un mercredi midi dans une banlieue pourrie. Un peu pourrie, hein, pas trop. Un mercredi midi de début de mois avec le signal d'alerte qui retentit dans un ciel bleu zébré de blanc, un, et rebondit contre les barres d'immeubles au loin, deux. / Le mercredi 6 avril 2011, je voudrais regarder dans les yeux la gamine que j'étais à dix ans et lui dire à quel point elle est chouette. Parce que personne, sinon, ne la serrera entre ses bras, personne ne lui dira que bientôt, son coeur ne s'arrêtera jamais plus de battre, encore & encore. C'est comme ça. Je pense tous les jours, vous savez, au miaulement rauque qu'elle a eu en sortant de moi. / Le mercredi 6 avril 2011, j'ai envie de nouilles chinoises, j'ai passé une nuit délicieuse, même si j'ai un peu la migraine, je me parfume au thé vert, au creux de mes poignets, un, tout contre ma nuque, deux, je regrette deux mille ans d'Histoire. Je crois que vais arrêter d'écrire ici. Pour le moment. Un petit moment. / Le mercredi 6 avril 2011, je vous salue bien bas, tous autant que vous êtes. Et puis. Rendez-vous qui sait, dans une autre vie, dans un autre monde... //

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17 octobre 2008

les yeux de maman

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