25 mars 2009

     Il y a tout juste un an, je venais de déposer mes bagages ici. Je ne savais pas trop ce que je venais y faire. Je crois que je voulais montrer mes photos. Oui, mes photos, et rien d'autre. Et puis ça a été plus fort que moi, j'ai commencé à y écrire aussi un peu. Puis beaucoup. Et j'ai raconté, les nuits blanches à bosser sur Lynch & Aragon; l'envie, le désir, le besoin de l'été indien, là-bas au Tamil Nadu; la peur de Montréal, le chagrin de l'éloignement, l'exitation de la découverte; V. & l'amour que l'on se porte, nos escapades ; la vie dans la grande maison, Nathan&Anouk, la chatte et l'ours. A la même heure l'année dernière, je me souviens que je ne voulais surtout pas parler de moi, de ma vie, ou alors que ça reste uniquement superficiel. Quelques mots et beaucoup d'images. Finalement il y a beaucoup plus de mots que d'images.
     Et puis il y a vous. Vous qui me lisez, qui passez par ici, parfois par hasard. En cherchant des informations sur le cinéma, ou sur les kollams. Vous qui m'écrivez. Qui me faites vivre des choses incroyables. Comme se lever le matin et trouver dans sa boîte mail des petits mots de gens que je n'aurais sans aucun doute jamais rencontré sans ce blog. Comme prendre le métro à l'autre bout du monde, un jour de grand froid et de neige, et, quelques heures après, découvrir une si cute fille, qui me remet une mèche de cheveux derrière l'oreille quand elle sent le blues m'envahir. Vous qui m'apportez des jolies surprises, des trésors d'art, des livres fabuleux, et même une machine à laver. Vous qui lisez, revenez, sans mot dire.
     C'est très étrange de tenir un blog, c'est parler dans le vent, c'est lancer une bouteille à la mer, en se demandant si quelqu'un la trouvera, déchiffrera le message qu'il y a à l'intérieur. C'est aussi ouvrir la porte de sa maison, et regarder son propre chez soi d'un air étonné. C'est de l'extime pur.
     Il y a un an, j'ouvrais ce blog. J'avais le trac. Je l'ai toujours un peu chaque fois que je clique sur nouveau message, même quand c'est pour raconter des petits trucs de rien du tout. Je sais simplement que si j'aime tant écrire ici -et y déposer quelques photos, quand même- c'est avant tout grâce à vous. Alors, merci.

Pauline.

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22 mars 2009

C'est l'22, c'est last.

last cigarette / toujours la même, je n'ai rien fumé depuis le mois dernier
last alcoholic drink / un verre de blanc avec papa et maman, avec un bout de tarte au chocolat
last car ride / toujours pas non
last kiss / tout à l'heure dans la forêt, après avoir sauté au-dessus d'un ravin, so romantic
last cry / l'autre soir, de fatigue -vivement avril je vous dis-
last book bought / Les bijoux de la Castafiore, madeleine proustienne
last book read / Incendies, et encore Incendies, et toujours Incendies
last movie seen / Blue Velvet de Lynch
last beverage drank / une menthe à l'eau
last food consumed / un bout de la baguette pour le petit déjeuner de demain
last crush / mon gilet violet loose à mort
last phone call / ma coupiiine madame bleue
last tv show watched / dernier épisode de Desperate Housewife
last shoes worn / de vieilles bottes pour aller crapahuter dans les bois
last song played / J'ai besoin de la lune de Manu Chao
last thing bought / la baguette du petit dej' du lundi
last download / un logiciel que je n'ai pas pu installer -paaalpitant-
last soda drank / un coca sans doute
last thing written / un mail
last words spoken / ils mangent des linguine aux courgettes, on y va ?
last ice cream eaten / je sais pas, mais je rêve de retrouver le goût de la glaçe au thé vert de mes douze ans
last webpage visited /
deezer&netvibes

21 mars 2009

danse

soap

dans

// Le 17 mars, c'est l'anniversaire de papa, les messes basses avec maman pour trouver un chouette cadeau / Le 19 mars, on s'est réveillés avec V. surpris et heureux par le beau ciel et le soleil de cette journée, on s'est raconté comment c'était il y a déjà cinq ans, ce jour-là où on est tombé amoureux, et comment c'était ces cinq années côté à côte / Le lendemain, c'était le printemps, et je n'arrive pas à choisir le matin : veste ou manteau, bottes ou sandales, écharpe ou foulard / J'ai loupé notre rendez-vous avec Sissi, mais j'en ai profité pour me balader le nez au vent / Je me suis bien sortie de la séance photo de la chapelle, j'aurais mon nom dans un bouquin d'histoire, avec un copyright, je trouve ça très rigolo / J'ai quelques projets en tête, et j'essaye des choses / J'ai décidé que je voulais un mois d'avril émouvant, drôle, fantastique de bout en bout -il me faudra bien ça pour oublier ce mois de février et ce début mars pourris- / J'aurais bien voulu jouer au jeu de Lisa sur les salons, mais chez nous c'est bien trop petit, on n'a pas vraiment de salon, mais une pièce où il y a  : un grand bureau - un petit bureau rose - mon accordéon - le saxo de V. - une lampe - deux chaises - un grand tapis indien - un minicanapé - six coussins - une commode rose - un meuble gris - des bibliothèques - deux caisses à vin remplies de livres et de mag' et de journaux - une tour de disques - une espèce de pouf en cuir joli / J'ai retrouvé un souvenir de petite enfance tout à l'heure et ça m'a fait un drôle d'effet, ça m'a rendu euphorique / J'ai changé de parfum, ça veut dire que j'ai remisé celui d'hiver dans sa boîte, et donc c'est l'printemps //


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15 mars 2009

amandes

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vvvvdort

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coeurs

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soleil

vvvdort

Fatigue

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12 mars 2009

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// Une nouvelle poupée est partie avec Camille, là-bas en Afrique. Camille qui s'est envolée un matin froid pour quatre mois sac au dos, et qui raconte déjà des merveilles sur son blog, Camille qui a mis la poupée dans l'étui de sa guitare, pour qu'elle soit bien au chaud, et qui a pchité sur son ventre rebondi le parfum de sa maman. Avec V. on a cousu une mini Camille, avec un chèche en boubou sénégalais, et même une dread dans les cheveux, que la vraie Camille n'a pas -encore- / Je fais plein de muffins avec les mêmes recettes qu'ici, et miam*miam*miam / On connaît Paris vraiment par cœur, V. et moi. Depuis qu'on est à la recherche d'un appartement on a découvert à peu près tous les quartiers, et on rentre souvent tard, lorsque la nuit est déjà tombée, en discutant des appart' des gens, de ce que ça nous dit d'eux, de ce qu'on devine. Je crois qu'on adore ça. / J'ai décroché un stage dans une maison d'édition, j'avais un peu le trac quand j'ai poussé la lourde porte célèbre et puis ça a été, je suis normalement prise pour trois mois, mai-juin-juillet et apparemment, il y a du vrai boulot pour les stagiaires, chic ! Je suis plus que jamais décidée à emprunter la voie de la librairie, alors qui sait, peut-être qu'un jour on vous vendra des livres, moi et le vieux chat ronchon qu'il y aura sur le comptoir. / Je reviens tout juste du salon du livre, je n'ai pas pu m'empêcher de faire un saut au joli stand chatoyant d'autrement jeunesse -une amie a bossé chez eux tout l'été, je suis allée la voir quelque fois à bastille, au joli QG de la maison- et j'ai vu le très bel album de Sissi. Je l'ai feuilleté en fermant à moitié les yeux, pour ne pas me gâcher la surprise -je n'allais tout de même pas le lire dans ce brouhaha, sur un exemplaire non dédicacé, non mais- et du coup ça a fait comme un vent de couleurs qui m'a soufflé sur le visage. / J'attends le printemps !! / Ma maman ne fait plus que des plats indiens depuis que je lui ai rapporté tout un panier de courses de gare du nord, du tamarin, des feuilles de carry, du lait de coco, du safran etc / Demain je vais photographier une fresque dans une chapelle perdue dans le XVème pour notre amie américaine de passage en France, non mais c'est fou cette histoire, je n'ai jamais fait ça de ma vie, il y aura du matériel prêté par un vrai pro, et moi qui vais devoir m'en servir. J'espère ne pas être trop maladroite, je vous raconterai, ça promet d'être rigolo //

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05 mars 2009

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C'est le même visage. Celui de la petite fille de huit ans, dans la cour de récréation. Année 1996, la frange devenue trop longue que maman retient sur le haut de la tête avec une barrette. Collants à côtes, en laine, rouges vif. Ce sont les mêmes yeux. Année 1996, des lunettes rouges, elles aussi, avec plein de petites lettres noires sur les branches en plastique, pour une petite fille qui aime tant écrire, c'est parfait. Le col du chemisier blanc bordé de petites fleurs, sans doute hérité d'une cousine plus grande, comme les robes à smocks qu'elle déteste tout autant. C'est le même visage. Celui de celle qui débarque au collège, pleine d'illusions. Septembre 1998. Dix ans, et toujours les chemisiers brodés. Plus de frange, mais un carré court avec la raie au milieu. Des lunettes à la monture en plastique transparente. Bien trop jeune, bien trop mal fagotée pour avoir des amis. Et ce professeur d'art plastique, qui demande de dessiner son visage, pour que chacun découvre ce qui lui est propre. Sur la feuille Canson 24x32, c'est le même visage qu'elle essaye de dessiner. Celui qui deviendra celui de la jeune fille lycéenne. Qui a teint ses cheveux en violet, en pensant faire du roux. Qui porte des lunettes avec une monture en fer, enfin. Année 2003. Le visage de la jeune fille qui découvre avec stupeur qu'elle peut plaire. Malgré, ou plutôt, elle s'en rendra compte, grâce à ses particularités. Toutes ces taches de rousseur, de plus en plus nombreuses au fur et à mesure qu'elle grandit. Et puis ces trois grains de beauté, qui forment un triangle isocèle presque parfait. Un planté sur chaque joue, et un sur le front, pas tout à fait au milieu. Un bindi naturel. Et enfin ce défaut sur la lèvre supérieure. Cette partie gauche toujours plus rose et plus gonflée que l'autre. Que je retrouve sur le visage de la petite fille de 96, sur le crayonné de celle de 98. Qui ne me quitte jamais, qui s'accentue quand je suis fatiguée. Qui provoque les questions est-ce que c'est un bouton de fièvre ? est ce que tu t'es cognée ? et même des propositions parce que ça peut sûrement s'opérer. C'est le petit défaut que V. aime par-dessus tout, même encore plus que mon triangle de grains de beauté. C'est le même visage. Ce sera le même visage, dans dix ans, dans vingt ans. Avec des rides, de petits accrochages avec le temps. Il y aura toujours les taches de rousseur, le triangle, le défaut. Et mes yeux, derrière des lunettes à la monture en fer, qui feront un clin d'œil à la petite de 1992 avec ses toutes nouvelles montures écailles de tortue en plastique, ses verres à double-foyer, et ses dents du bonheur qui se regarde avec inquiétude dans le miroir par-dessous sa frange épaisse.

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