d'où ma peine vient
Il y a les jours-chiffon, les jours-ronchon, les jours-chagrin, les jours où l'on se lève avec les tout petits yeux pleins de sommeil, les sourcils froncés et la moue boudeuse, et surtout avec un gros poids sur la poitrine, les larmes tout près qui se mettent à couler en diluant le gris des yeux qui deviennent bleus. Et pourtant aujourd'hui c'était brunch à l'appart' avec les amis, comme souvent le dimanche, brunch intitulé allez printemps ça serait bien d'arriver et il y avait une pizza entièrement faite par V., oui la pâte aussi, du bon jus de fruits apporté par B. et les confitures offertes par les parents, les rires des copains, et même un minuscule mais si joli rayon de soleil. Mais il y avait aussi le pop corn qui crame au lieu d'exploser, petites graines qui ne parviennent pas à éclore, et il y avait les mots qui rendent triste, les mots qu'on entend et aussi les mots qu'on lit, et même si demain c'est mars, je n'ai qu'une envie, c'est de me blottir dans mon lit et d'attendre que ça passe. Il y a des jours où l'on n'est plus personne. C'est que voyez-vous j'ai des amis géniaux, et une famille vraiment formidable, un amoureux qui est V. mais il y a des fois où malgré tout c'est trop difficile d'être moi. Je voudrais redevenir enfant et pleurer dans des bras protecteurs, je voudrais une grande sœur qui me câline, me caresse doucement la joue et me tienne la main, je voudrais qu'on me dise que tout ira bien, que j'y arriverai et qu'on est fier de moi, je voudrais qu'on m'aide patiemment à déplier mes ailes qui sont bien trop collées à moi, et qu'on me regarde ensuite m'envoler loin avec des yeux pleins d'amour. Je voudrais arrêter d'être celle qui s'occupe, qui se préoccupe, celle qui a le cœur lourd comme une pierre. Demain il faudra défroisser le visage, retrouver le sourire de circonstance, le sourire comme sur la photo au-dessus, un peu figé, demain c'est le mois de mars, le premier mois du printemps, et aussi le mois des giboulées. Aujourd'hui elles sont déjà dans mon cœur, au beau milieu de mon jour-chiffon, alors je vais me rouler en chat dans mon lit, et dormir longtemps.
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mon cœur serré comme un poing







Camille me téléphone quand elle est au pied de l'immeuble, et moi je suis encore en pyjama, à plat ventre sur mon lit, le livre ouvert comme une corolle devant moi. J'avais déjà lu toute une partie de la nuit, et je m'étais endormie l'index en marque-page, pour recommencer dès mon réveil. Je m'habille en vitesse pour accueillir mon amie, son sourire, son joli sac à main, ses expressions qui nous avaient manquées, nos blagues, nos taquineries, nos rigolades. Il pleut alors nous préférons à l'unanimité rester jouer à rencontrer des gens de partout dans le monde sur internet, et on fait les fous tous les trois avec V. devant la caméra. Camille et moi on essaye de parler anglais comme lui mais évidemment on n'y arrive pas, alors on dit des bêtises et on boit des grenadines. Plus tard, je les supplie de me laisser lire un ou deux chapitres avant le film du soir, et j'en profite pour en lire cinq ou six oui oui j'ai bientôt fini, plus que deux pages je vous juuuure et ensuite on regarde 500 jours ensemble dont je n'aime finalement que la musique et les tenues de l'actrice. Déçue, je me replonge dans Seul le silence pendant qu'ils dorment, et je continue encore à la table même du petit-déjeuner pendant que V. fait sauter les délicieux pancakes préparés par Camille. Je suis complètement absorbée, et je ne parviens à m'en arracher qu'au milieu de l'après-midi, quand nous partons entre filles découvrir le nouveau concept-store Bonton où nous nous amusons dans le photomaton quatre poses, avant d'aller chez Merci pour nous parfumer à l'Eau de Camille (!) d'Annick Goutal et pour acheter des livres et de jolis feutres exprès pour avoir un petit sac à poser sur nos bureaux en rentrant. Et puis je râle quand on se perd dans un mouchoir de poche, et on découvre des coïncidences étonnantes, et on regarde les ombres en ♡ dessinées sur le mur par la guirlande offerte par Camille, et on mange les bonnes choses préparées par V., et on va voir de très belles choses à la Maison de la Photographie, et de beaux objets dans des boutiques magnifiques, et Camille me donne des heures de musiques géniales, et c'est déjà l'heure du départ. On s'embrasse sur le quai du métro, on se dit à très bientôt, et quand je rentre je trouve la recette des pancakes accrochée dans la cuisine avec un joli masking-tape.
Je termine Seul le silence au milieu d'une nuit, mais je ne peux pas arrêter d'y penser jusqu'à ce que je comprenne pourquoi ça me touche particulièrement, pourquoi ça me serre le cœur comme un poing comme écrit R.J. Ellory. Touchée coulée. Joseph Vaughan in my mind. Une autre nuit, un pneu explose alors que nous roulons assez vite, et je sens les battements de mon cœur palpiter à mes oreilles pendant de longues minutes. Il pleut, il est tard, et nous n'avons pas de cric pour changer la roue. Une voiture s'arrête, et non seulement le jeune homme qui en descend nous prête son cric, mais il nous change complètement la roue, les genoux sur le macadam mouillé, un grand sourire aux lèvres, et moi qui fait la petite main à côté, à lui tendre les boulons, les clés, la lampe torche. Je roule la roue crevée vers le coffre, et je passe tout le reste du trajet les mains en l'air parce que j'ai les doigts noirs de cambouis, ce qui fait beaucoup rire V. Chez ma copine P. on boit des bières avec de la grenadine, et je la regarde trop fumer pendant qu'elle m'explique des choses auxquelles je pense aussi, toujours en même temps. Quand j'arrive à partir de sa chouette coloc', je prends la ligne 7bis aux sièges roses poudrés, un petit moment magique et hors du temps que je savoure toujours. Et, après avoir traversé tout Paris pour rentrer à la maison, je m'arrête au supermarché pour acheter de la glace en me disant que ça aidera V. pour ses révisions intensives. Le pot étant trop haut placé pour moi, je demande à un jeune homme de me l'attraper. Ce qu'il fait, avant de me regarder longuement et de me dire qu'il me trouve charmante, sous le nez de sa copine qui, du coup, s'en prend à moi. Je bats en retraite, et, dans la confusion, je ne m'aperçois pas que j'ai pris le mauvais parfum de glace, celui que V. n'aime pas du tout. Ma surprise est ratée. Heureusement, il reste deux jours de vacances, et autant de siestes dans le cocon des coussins du canapé.
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chaque 19 février j'ai dix ans
Anouk arrive un dimanche soir avec un sac rempli d'habits, et des questions pour V. est-ce qu'un soir tu me feras ta ratatouille ? Elle vient passer une semaine à l'appart' parce qu'elle fait son stage de troisième à Paris. Le matin, elle part seule, petite silhouette que je regarde par la fenêtre, elle prend seule pour la première fois le bus et le métro pour y aller et pour en revenir, et le soir, elle franchit la porte avec un grand sourire avant de s'effondrer sur le canapé le temps d'une sieste. Et j'aime plus que tout les quelques instants du tout petit matin, quand elle vient se glisser sous ma couette, son corps long et fin contre le mien, son pouce de petit fille dans la bouche et nos deux fatigues côte à côte qui restent encore un petit peu au chaud en écoutant les bribes de la radio de V. qui s'échappent de la cuisine. Il y a les journées qui passent à une vitesse folle, et qui ne me laissent même pas le temps de dormir un peu, entre les révisions, les réunions pour les projets à rendre tout bientôt, les discutions interminables avec ma directrice de mémoire, les librairies à visiter, toujours, et les choses à rédiger, sans cesse. Et puis j'aide V. en relisant son autoportrait pour le dossier d'une école de journalisme, il écrit de belles choses qui me touchent, j'ai l'impression de l'aimer chaque jour un peu plus, surtout quand on hurle de rire vers quatre heures du matin, en essayant de ne pas réveiller Anouk qui dort dans la pièce d'à côté. J'ai téléphoné à mon professeur de français de sixième, qui écrit pour moi des lettres de recommandations à des librairies qu'il me transfère ensuite, il y écrit qu'à cette époque déjà "j'assurais" mais j'avais dix ans et déjà cette béance en moi que je parvenais déjà pas à combler.
Un soir, j'ai dîné avec ohpivoine et ihanaïs, c'était fou de les reconnaître tout de suite, en entrant dans le restaurant, et d'en ressortir avec leurs visages de ce soir-là imprimés en m
oi. Je prends le temps de faire de la pannacotta pour un dîner entre amis, pendant lequel elle m'offre un ruban dans un joli liberty printanier qui donne envie d'essayer de nouvelles coiffures. Je décore un carnet moleskine offert par Albine avec du masking tape, et je me dépêche d'y noter les films que je veux voir et les livres que je veux lire. Je suis en vacances une semaine, je vais en profiter pour dormir beaucoup, et ce sera déjà mars ! Je reçois de jolis messages, de ma Janou adorée qui est comme une grande sœur -toi-même tu sais !-, d'une bulle de savon aux beaux cheveux blonds et aux doux mots. Dehors, il fait vraiment très beau, je pense au dîner de ce soir tous ensemble, les parents, N.& A. et aussi au projet un peu dingue qu'on fomente, V. et moi, pour cet été.
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love, love me do
Pour Pivoine à qui je ne peux pratiquement rien refuser, deux photos d'amoureux.
Je relis les mots que j'avais écrit à mes débuts ici. En les relisant, je reconnais V., je reconnais pourquoi je l'aime. Je l'aime parce que souvent on se fait des spectacles l'un à l'autre, ou tous les deux ensemble, déguisés ou non, comme si on avait cinq ans et demi. Je l'aime quand je lui dis promis je ne prends que des photos alors qu'il vient de débarquer dans la pièce car j'ai mis une musique dansante un peu trop fort, et je l'aime quand il me croit. J'aime la tête qu'il fait quand à la fin je lui dis que finalement je le filmais.
And the rest is history...
tu ne fais que danser tu ne fais que rater ta vie
J'attends Camille, il est un peu plus de 21 heures, je suis devant sa porte close, il y a des bourrasques dehors qui font trembler les fenêtres fines de l'étage de chambres de bonnes où elle habite, j'ai froid partout, aux pieds, aux mains, elle m'avait dit que je pourrais prendre une douche bien chaude pendant qu'on ferait cuire un mélange comme on les aime, pâtes et aubergines champignons courgettes, les légumes qu'on a sous la main en fait, mais elle n'est pas là, le ciel est jaune et ça me fait peur, alors je le prends en photo pour l'apprivoiser. C'est qu'il me fait penser à La route que j'ai lu une nuit. Pendant toute la lecture, je me disais que tout allait plutôt bien, que les critiques que j'avais lues avaient sans doute exagéré, qu'il est vrai que je tressaillais quelque fois mais sûrement parce que c'était bien écrit. Et puis, j'ai refermé le livre, et, à côté du corps endormi et immobile de V., le mien s'est mis à tressauter, je ne pouvais plus m'arrêter de trembler, et j'ai éclaté en sanglots, le poing dans la bouche pour ne pas faire trop de bruit, rien que moi et l'angoisse l'angoisse l'angoisse. Camille me téléphone, en fait elle est juste quelques étages au-dessous, chez une autre amie à nous, parce que sa clé n'ouvre plus la porte de son appart. Elle vient me chercher en chaussettes dans l'escalier, avec une écharpe chaude pour me sauver du froid, et on redescend en ascenseur, alors que je n'aime pas ça mais là ça me fait envie. Chez N. on improvise un dîner, toutes les trois et sa colloc' espagnole. On réussit à faire notre mélange de pâtes aux légumes, et pour le dessert on coupe des oranges sanguines qu'on trempe avec les doigts dans du chocolat que N. a fondu à la perfection, et tout coule le long du poignet, le chocolat et le jus des fruits. La colloc' a ouvert une grenade, et j'étais vraiment bien là, à les écouter parler en espagnol sans rien comprendre, et à chanter en regardant ce truc vraiment chouette we don't need no more trouble oh no more trouble. Plus tard, le colloc' kurde de Camille a réussi à ouvrir la porte, nous sommes remontées à son étage à tomettes, et, dans sa petite chambre, on a mis de l'encens, j'ai pris des photos pendant qu'elle s'entraînait à la boule de contact, on a papoté, partagé de la musique et quand je suis sortie de chez elle j'ai fait des ronds de fumée avec l'air gelé dans la nuit noire qui pesait sur mes épaules. Paris était vide.
Je réveille madame bleue quand je lui téléphone, pourtant c'est l'après-midi, elle s'est endormie sur ses cours, avec le chat dont elle a hérité à côté d'elle. On prévoit de se voir très vite, et ça me fait plaisir, je me rends compte qu'on ne s'est pas vues depuis que 2010 a commencé. Je le note sur le grand planning qu'il y a sur une des portes de l'appart', un emploi de temps qui va jusqu'au 11 avril, avec déjà bien trop de choses écrites au feutre rouge à ne surtout pas oublier attention. Je ne dors presque jamais, je suis épuisée, et pourtant, les vraies hostilités n'ont même pas encore commencé. Pour le moment, j'appelle toutes les librairies de Paris, oui bonjour je vous appelle pour savoir si vous prenez les stagiaires pour m'entendre souvent répondre non, dans aucun cas, bonne journée et me faire raccrocher au nez la bouche encore ouverte. J'envoie des tonnes de mails, en espérant ne jamais me tromper de destinataire, je note des tas de trucs sur des bouts de papier, des dos d'enveloppes, des tickets de caisse, et aussi sur ma main gauche comme quand j'étais au collège, des numéros de téléphone, des heures de rendez-vous, penser à téléphoner à C. tel matin à telle heure pour être sûre qu'elle se réveille, des listes de courses, des codes d'immeuble. Aujourd'hui, j'écoute cette chanson en pensant à D* qui se reconnaîtra, je l'espère, et j'ai décidé d'ouvrir en grand mon agenda 2010 offert par V. à Noël, que je n'ai toujours pas débuté (!) (ça ne me ressemble tellement pas) et d'y écrire des choses. Il est grand temps que l'année commence.
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tuer mon amour tu es mon amour ou tu ne l'es pas






Je me suis disputée avec V. jeudi dès six heures du matin, et je crois que nos colères ont réveillé tout l'immeuble. Je suis partie à la fac très en retard, en larmes, habillée n'importe comment, et surtout, je m'en suis aperçue bien trop tard, sans mes clés. Je suis arrivée pile à l'heure pour présenter avec deux copines un exposé sur les lieux incongrus du livre, un chouette exposé qui nous avait valu quelques soirées où nous avions dîné ensemble en apprenant à nous connaître un peu mieux. Les cours terminés, je me suis rendue compte qu'il me manquait mes clés, et j'ai traîné à Saint-Lazare avec P. en attendant que V. veuille bien décrocher son portable qui restait éternellement sur répondeur. Il faisait très beau, un vrai soleil de février qui déclinait quand, des heures plus tard, nous avons longé les Buttes Chaumont pour aller chez P. qui m'avait finalement invitée chez elle. À peine était-on arrivées dans sa chouette maison que je me roulais en boule sous sa couette et m'endormais en écoutant pépier par la fenêtre entr'ouverte les premiers oiseaux timides. Je me suis réveillée quand il était l'heure de s'occuper du dîner, et nous sommes descendues dans le salon où nous avons trouvé son nouveau colloc', un géant black au sourire ravageur, S., qui nous demandait des conseils pour son flirt avec un Allemand en érasmus tout en nous resservant du vin. Le lendemain, j'ai récupéré mes clés, mais j'ai passé la soirée seule, et vers deux heures du matin, S. m'a écrit sur facebook un "bonne nuit chérie" qui m'a fait sourire dans l'appartement sombre et vide. Samedi chagrin, sauf les très jolies cartes de Lucie et Marie, samedi morose, sauf le soir où je retrouve des copines sous la pluie, et où, dépitées d'avoir raté notre séance de ciné, nous nous réfugions dans un japonais de la rue Monsieur-le-Prince. Et, quand je rentre, il est là à nouveau. Les regards frondeurs des retrouvailles, lui qui s'approche et me dit tout bas défronce les sourcils en effleurant mon front et la sensation de la colère quittant le corps instantanément, de l'envie à nouveau de faire l'amour pas la guerre, de me blottir contre son épaule qui m'appelle, de ne plus savoir pourquoi la fureur pourquoi la folie pourquoi la rage pourquoi les pleurs ou plutôt si de savoir pourquoi la démence pourquoi le bouillonnement pourquoi l'ouragan parce que l'amour parce que la passion.
Et dimanche, en une journée, j'ai pris une grande décision, j'ai bu des litres de thé, j'ai vu les habitants de la grande maison, j'ai réussi à téléphoner -moi qui ai horreur de ça-, j'ai vu de très belles choses et je me suis sentie toute petite, je suis allée chez ma copine Éléonore, dans son minuscule et adorable appartement du 7ème arrondissement, et avec elle, j'ai appris à tricoter, un petit peu. Et puis, en rentrant à l'appart', j'ai mis mon pyjama de polaroïd girl, c'est-à-dire un tee-shirt monop' avec un appareil photo qui fait click, et j'ai un peu laissé mon esprit vagabonder allongée sur le lit jusqu'à ce que V. entre dans la chambre, la radio à la main, en faisant une danse étrange. C'était l'heure des concerts de Radio France sur France Inter, et le tout début de la Symphonie n°7 de Dvoràk. Assise sur le lit, je l'ai laissé éteindre les lumières, et danser autour de moi, la radio à la main. Les yeux fermés pour mieux en profiter, j'ai senti la musique m'effleurer tout près, puis m'encercler, remonter
brusquement, en suivant les courbes chaudes du morceau et en me dressant les cheveux sur la tête, avant de redescendre en piqué et de venir bourdonner à mon oreille, puis s'éloigner à nouveau, caresser tout mon être. J'ai frémi avec chacune des parties de l'orchestre, et ressenti la musique comme jamais ça ne m'était arrivé. Il aurait fallu que je sois au sein d'un orchestre mouvant pour frisonner à ce point, avoir le cœur aussi battant, et cette impression foudroyante d'être moi-même un instrument. Ivre de musique, je suis retombée amoureuse de V., une fois encore. Une fois encore pour toujours.
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Demain, tu fais quoi ? Il faudrait acheter des piles et du lait pour les crêpes. J'irai déposer mon CV. Et elle a un nom ? Vous savez, j'ai plus de cinquante ans. Tu me manques. Je vous remercie infiniment. Je ne voulais pas qu'il soit jaloux. On va dehors. J'ai acheté des culottes. Mon petit chat. Les festivals américains. Qu'est ce qu'on s'emmerde ! Tu fais vraiment de l'accordéon ? On passe jeudi. Métro Danube. Il fallait le lui dire. Je n'en peux plus, j'ai trop mal aux pieds. Un chocolat. Deux. Ya un desperate ce soir. Je t'appelle tout de suite. Bonsoir chérie. Mais t'es teubé ou quoi ? J'ai dit à ma mère que je prenais la pilule. Qui êtes-vous ? C'était vraiment une bonne soirée. Ça me fait penser à Bukowski. Quelles sont vos connaissances en librairie ? Il est trop beau ton sac. Elle va mal le prendre. Oui, mais je suis ta copine. Elle est rougeaude. Il ne faut pas exagérer. J'ai deux enfants virgule cinq. Manifestement c'est le rayon jeunesse. J'ai tellement de choses à te dire. J'ai postulé à l'Arbre à lettres, comme la moitié de la classe quoi. Tu vas te couper les cheveux ? Elle arrête pas de se moquer. On va lui préparer son pyjama. Un café vendredi ? Arrête de faire la gueule. L'appart' du bonheur. Ils comprennent que pouic. On se voit ce week-end. Il faut que j'achète un billet de train. Les braves gamines. Tu viens demain ? Je dois te le dire, t'es magique. J'ai eu quelques problèmes. Tu m'accompagnes fumer ? On peut éteindre la radio ? Elle est sourde comme un pot. Les mots sont vides de sens. Tu me la refais ? Un deux un deux. C'était une route maritime. Sur le stand d'Actes Sud. Que représente la librairie pour vous ? Tu sens bon. Regarde moi dans les yeux. On a vu un film sur les putes en mangeant du popcorn. Je te l'ai dix cent fois. Il te manque une case. Ah, Nouchkou, tu me passes papa ? Sur la vie de ma mère. J'attire votre attention sur le mot avortement. Il faut définir la zone de chalandise. Arrête de geindre. Est-ce que tu fais le salon du livre ? Ouais ouais, ouais. Deux heures du mat. Je tuerais pour un jambon-beurre. Merde je l'ai pas rappelé ! Forcément avec nos taches de rousseur. Elle est partie cette connasse. Combien de librairies avez-vous fréquenté à Paris, en province, à l'étranger ? J'en peux plus j'en peux plus. Je vous offre le café, je gagne de l'argent, moi. Tu vas tout droit et puis à droite, à droite et à droite, trois fois à droite. Bah oui c'est la Chandeleur ce soir. Tu fumes trop. Elle lui dit sans attendre. J'ai envie de pommes dauphine. Maman ? Je suis complètement pompette j'ai bu trop de cidre. Merci à tous. Merci à vous.
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f é v r i e r








































