30 décembre 2010

l'ouragan

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18 décembre 2010

Se balader, bien au chaud dans la voiture. S'arrêter pour regarder les vitrines, les automates, les décorations. Remonter en voiture, écouter Radio Nostalgie, pour rire en chantant de vieilles chansons ringardes, entendre une pub qui dit où acheter 40 roses pour 5 euros. Aller acheter 40 roses pour 5 euros. Remonter en voiture, aimer le ciel si bleu, aller chez le coiffeur, sentir bon le shampoing de chez le coiffeur. Manger nos sandwichs préférés de tout Paris, caresser mon ventre, lui parler. Acheter les deux cadeaux qui manquaient. Remonter en voiture, mettre France Musique, écouter le Carnaval des Animaux. Arriver devant la grande roue au moment où le soleil se couche et où le ciel devient gris. Attendre que les lampadaires s'allument. Sortir de la voiture, avoir froid, faire rire le monsieur de la grande roue avec mon gros ventre. Se serrer très fort parce que ça fait un peu peur, quand même, s'extasier devant Paris illuminé. Adorer, finalement, le balancement de la nacelle, repérer, de haut, les lieux que l'on aime. Remonter en voiture, passer devant la Dame de fer, rentrer à l'appartement le nez tout rouge. Mettre les 40 roses dans plein de petits vases et les disperser dans l'appartement, emballer les deux cadeaux qui manquaient, faire de jolies étiquettes avec les prénoms de ceux à qui ils sont destinés. Se féliciter d'avoir terminer nos cadeaux de Noël, imaginer les sourires réjouis, se réchauffer les mains sur le radiateur. Avoir ma maman au téléphone, longtemps, écouter leur impatience à tous. Remonter en voiture, jouer à manger les flocons qui tombent maintenant du ciel, se garer avec les pneus qui glissent. Entrer dans le restaurant où il m'avait emmené pour nos six ans d'amoureux, le 19 mars, il y a neuf mois déjà.

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16 décembre 2010

// À l'appartement, il y a un sapin tout blanc et argent ; à la grande maison, un sapin marron glacé avec quelques pointes de doré, et nos calendriers d'enfants, remplis par les parents, aux pochons tout verts pour Nathan, tout rouges pour Anouk, et verts et rouges pour moi, comme chaque année. / C'est doux de passer du temps là-bas, avec les petits un peu fatigués par cette fin d'année mais tellement, tellement impatients de voir le bout du nez de l'Énergumène, de regarder Anouk parler à la chatte qui vient squatter le Monde qu'elle est en train de lire, d'écouter Nathan parler des minuscules petits doigts qu'il tiendra bientôt dans ses grandes mains, de discuter des listes de Noël, des menus pour les différentes fêtes... / Et puis il y a eu toute cette neige ; la dernière prise de sang -hourra !- avec les copines, et une soirée pyjama avec les mêmes copines, comme quand on était petites, avec des bonbons, un film d'horreur, et des lits fabriqués un peu n'importe comment au milieu de la nuit ; un brunch du dimanche avec plein de chaussures sur le palier et plein de bonnes choses à manger ; et des tas de messages pour savoir si je suis encore là, ou si jamais... / Je suis encore là, donc, en train de guérir laborieusement d'une bronchite couplée d'une rhino-laryngite -mais oui, chaque année, c'est la même chose, les sales trucs en -ite !- qui me laissent bien peu de répit, surtout la nuit, où je m'ennuie un peu. J'écoute l'album de Noël de Pink Martini, et j'en profite pour vous recoller Silent Night interprétée par eux -c'est parce que tout bientôt, il n'y aura plus de silent night qui tienne héhé-, je me réjouis à l'idée des quelques heures, ou quelques jours, à rester en amoureux sous la grande couette, à l'idée des flocons qu'on ira manger demain, comme des bonbons glacés, à l'idée du grand vertige qui nous fait si souvent battre le ♡ plus vite. //

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Posté par polaroidgirl à 22:34 - - Commentaires [33] - Rétroliens [0]
06 décembre 2010

// Au début, c'était un pari. Quelques mots échangés, comme ça, avec Anaïs. Et si on allait à Bruxelles entre filles, s'extasier en vrai devant le si joli magasin de Morgane, manger une gaufre, se balader ? Chiche ? Chiche ! Une offre sur les billets de train, quelques semaines d'attente, et puis, samedi matin, nos retrouvailles sur le quai de la gare, moi et mon -très- gros ventre et Anaïs et sa nouvelle coupe de cheveux. Le train qui sort de la nuit dans des paysages enneigés, le métro puis les tous petits pas pour ne pas glisser sur les trottoirs verglacés. Et puis, Morgane, son si doux sourire, et sa petite merveille de magasin, dans lequel nous attendait sagement tout ce qu'il fallait pour l'atelier qu'Anaïs allait animer. Un moment un peu magique, complètement suspendu, l'odeur des gouaches, les petites mains concentrées sur les pinceaux, les gros flocons de neige à travers la vitrine, et, petit à petit, les chats qui prennent vie tout autour, ceux de Marie, de Romane, et d'Anaïs... / Une après-midi entre filles dans la neige, passée à traîner aux Petits Riens, à glisser sur les pavés, à attendre le tram les joues rougies, à goûter de cupcakes délicieux offerts par une fée aux boucles d'or, à acheter, parmi d'autres babioles, de quoi nourrir les oiseaux aveyronnais chez Dille & Kamille, et m'y faire offrir un sac par Anaïs, et à nous réfugier enfin dans un café pour manger une vraie gaufre de Liège, alors que la neige tombait toujours. / Et, plus tard, la boutique de la gare, qu'on dévalise en achetant des tas de gourmandises, le train du retour, nos piapias incessants, et, quand je rentre enfin à l'appartement, l'odeur inattendue que j'aime tant du sapin de Noël. V. m'avait fait la surprise d'aller en acheter un gigantesque avant d'aller travailler au Salon du Livre, l'avait laissé toute la journée au vigile du Salon, avant de revenir avec en métro et de l'installer juste avant mon retour. / Compter les jours avant l'arrivée présumée de l'Énergumène -treize jours !-, organiser une soirée pyjama avec les copines de toujours, penser, en bouclant enfin cette fameuse valise de maternité, au jour où l'on quittera notre petit appartement, ce jour où nos vies ne seront plus jamais les mêmes, avoir très, très, très envie de manger japonais tous les jours depuis un chouette déjeuner pris en compagnie de Clem, Lisa et Marie, regarder V. repasser les tout minuscules petits habits en chantant Silent night avec sa voix de crooner, rire, me blottir dans son cou, regarder la neige tomber. //

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