25 mars 2011

c'est la première chance, la seule de l'année

Le 25 mars 2008, j'ai l'impression que c'était hier.
En écrivant ces quelques mots, je ne pensais sûrement pas 
à quel point cette maison virtuelle allait devenir importante pour moi.

Je ne pensais sûrement pas, qu'un jour, j'allais
voir Montréal de nuit, scintiller de mille feux, à ses côtés,
lui sourire avec les yeux à un concert magnifique,
parcourir Paris dans un taxi avec elle,
regarder son si beau sourire,  
l'écouter parler japonais à mon bébé,
me balader avec elle un jour de printemps, 
parler prénoms de manière endiablée avec elle,
 préparer des oeufs au plat à quatre mains avec elle,
 contempler ses boucles d'or,
m'accrocher à elle de peur de tomber dans les rues verglacées de Bruxelles,
peindre un chat noir dans son si joli magasin...

Et puis il y a vous.
Toutes celles (tous ceux ?) qui sont là, juste là.
Celles qui m'envoient des choses magnifiques, pour ma bébée mais pas seulement.
Celles qui m'écrivent des mots doux, si doux.
Celles qui passent en secret.
Celles qui passent une fois par an.
À tous, et du fond du ♥
merci. 

Dites, pour cet anniversaire, vous me racontez une histoire ?
Vous me dites de quoi sont faits vos débuts de printemps ?
Et tous ensemble, on écrit une drôle d'ode à cette saison que j'aime tant...
Quel plaisir ça sera de la relire à l'approche du froid !
Parce que j'oublie toujours comment c'est, le retour des beaux jours.

Ici ce sera un peu de Manu Chao, un peu de promenades sous le soleil du matin,
un peu de ballerines fleuries, un peu de framboises,
un peu de ballons légers dans ses mains potelées,
un peu d'hirondelles fluos dans notre lit tout blanc,
un peu de bodys manches courtes, un peu de fenêtres ouvertes.

Quelques verres en terrasse après le marché du dimanche.
Quelques baisers, quelques fleurs.

*

Posté par polaroidgirl à 12:20 - - Commentaires [79] - Rétroliens [0]


19 mars 2011

j'ai tout appris de toi jusqu'au sens de frisson

Je te regarde parler sans t'écouter, je regarde tes yeux ta bouche tes mains qui bougent au rythme de tes récits, je sens mon coeur qui palpite entre mes seins, j'ai le vertige, j'ai le tournis, j'ai chaud, et puis froid, comme dans tous les poèmes d'amour, j'ai envie de rire, ou peut-être même de pleurer, je pense à ce matin, où, enfouie sous la couette, j'ai souri les paupières encore closes en me disant c'est le 19 mars c'est le 19 mars, je pense aux deux ballons étoilés que nous avons gonflé d'hélium, un pour toi et un pour moi, et à notre joie en voyant leurs ficelles s'enrouler l'une autour de l'autre, je regarde tes sourcils se froncer quand tu comprends que je ne t'écoute plus, et l'étincelle au fond de tes yeux qui dit que ce n'est pas grave parce qu'on est bien là, à se regarder, et peu importe si aujourd'hui le ciel était gris, peu importe si finalement nous ne sommes pas allés marcher dans les rues qui nous ont vu déambuler l'un près de l'autre il y a sept ans, ces rues dans lesquelles nous avons couru à perdre haleine, ces rues dans lesquelles nous ne nous étions surtout pas embrassés, oh non, surtout pas, ces rues où pourtant, nous savions tous les deux que se jouait là quelque chose d'insensé, je pense à ce poème d'Aragon qui est celui que j'aurais voulu écrire pour toi, je parcours par la pensée ces sept années que nous avons survolé comme nous survolons tout, avec drôlerie, avec tourment, avec envie, je m'attarde sur les moments les plus fous, ceux que l'on évoque quelques fois quand on se demande tu penseras à quel instant quand tu seras sur le point de mourir ?, je m'attarde sur le 19 mars de l'année passée, un court instant je me souviens de cette nuit à l'odeur de macadam mouillé, et je pense à tes yeux quand elle est sortie de mon ventre au bout de trois saisons, tu parles toujours et j'ai envie de me blottir contre toi, dans ton cou, et de te dire tout bas la griserie que j'ai à t'aimer, j'ai envie d'imaginer avec toi tous les prochains 19 mars, de t'écouter me raconter encore, encore, oh oui encore, comment c'était il y a sept ans, et me murmurer qu'il n'y a pas de plus belle date pour célébrer l'amour.

*

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12 mars 2011

 

 

 

 

// À 20 ans, j’habite depuis deux ans un tout petit studio avec V. / C’est un petit endroit qu’on a aménagé avec amour, aux murs colorés que j’adore, le lit est notre refuge, notre cabane, notre château fort. / Je fête mes vingt ans entourée de tous mes amis à la Grande Maison, la fête se termine au petit matin, avec des croissants. / V. m’offre une virée à Bruxelles et ce sont deux jours vraiment merveilleux. / À la fac, je travaille un peu, je ris beaucoup, je suis en dernière année d’une double licence lettres et cinéma. Pour un cours sur Le sujet et la mémoire je lis Aragon, Claude Simon, Yourcenar. Je travaille aussi beaucoup sur la question du je au cinéma, c’est passionnant. / Je vais à la fête de la L.O. pour la troisième année consécutive, et, pour la troisième année consécutive je chante l’Internationale le poing levé dans les effluves de joints et de merguez. / J’écris pour V. l’abécédaire de notre amour, à la lettre M. on peut trouver l’entrée Mille bébé. C’était le nom de notre bébé fantasmé, celui qu’on aura un jour, c'est sûr, quand on sera grands. Parce qu’il me poursuivait en riant à travers le petit studio en disant tu me fais craaaquer, je vais te faire mille bébés ! / On organise une énorme fête alcoolisée dont on parle encore, dans notre groupe d’amis ; c’est l’année des whooooo. / Je lis Sarah Kane, je fume des cigarettes roulées ou bien des Vogue à la menthe. / J’ai insisté toute l’année et ça a marché, papa, maman, Nathan & Anouk partent en Inde avec nous. Pour V. et moi, c’est le deuxième été indien, j’ai tellement aimé le voyage sac au dos de mes 19 ans que j’ai voulu les y emmener tous. / Malgré tout ça, j’étouffe. Je mets les voiles, direction Montréal, pour un semestre universitaire. Je reçois une enveloppe kraft par semaine, avec une lettre d’amour de V. Je ne lui réponds jamais, mais je traverse l’Atlantique pour ses vingt ans. Et je l’emmène à Stockholm dans la foulée. / À Montréal, je rencontre Janou, l’hiver, le froid, la neige, la solitude, les cookies les plus moelleux du monde. Je traque Wadji Mouawad dont je suis un peu amoureuse, il faut bien le dire. / Papa publie sa première pièce de théâtre. / Je m’embrouille avec des copains de copains, je hurle de rire sur mon lit avec mes meilleures copines sous l’effet du poppers, je joue de l’accordéon. / Après un petit tour à New York en amoureux je rentre à Paris. La fac est en grève pendant des mois, je ne vais plus en cours, je laisse tomber mon master, je trouve un stage chez Gallimard, je vais travailler le sourire aux lèvres et les pieds en sang, mais bon, il faut porter des talons, c’est comme ça. / Je tiens ce blog depuis un an et ça me fait beaucoup de bien. / Dans quelques mois, on trouvera un petit appartement parisien et on quittera la banlieue, on y croit dur comme fer. //

 

// À 23 ans moins quarante jours, j’habite à l’appart’ depuis presque deux ans. / C’est un tout petit appartement dans un quartier très sympa. Les murs sont tous blancs et c’est tant mieux, je n’aime plus les couleurs sur les murs, je n’aime que le blanc, le blanc, le blanc. / Le lit est notre refuge, notre cabane, notre château fort. / J’ai fêté mes 22 ans dans les larmes, avec un minuscule Énergumène d'un mois dans le ventre mais ça, je ne le savais pas. / À la fac, j’ai réussi à terminer un master 1 et je poursuis un master 2 par correspondance, je n’ai donc pas de copines avec qui rigoler sur les bancs qui font mal aux fesses. / J’ai fait un stage en librairie et j’ai poursuivi la gérante aux prud’hommes parce que ça s’était très mal passé. / Je ne fume plus, je ne prends plus de substances bizarres, et ça fait très longtemps que je n’ai pas bu autre chose que du vin ou du champagne. / Nous avons passé deux longues semaines au bord du lac, à imaginer notre crazybaby. / Je travaille un peu avec elle et on se marre bien ! / Je suis allée avec mon amoureux passer une semaine en Crète. / Je souris en lisant les quelques lignes consacrées au Millebébé dans l’abécédaire... Depuis il y a eu l’Énergumène, et puis, Bertille ! / Je tiens ce blog depuis bientôt trois ans, j’ai réussi à sauter le pas des rencontres dans la vraie vie, et j'en suis fière -c'était pas gagné d'avance... !- / Avec papa, maman, Nathan & Anouk, on joue souvent à tu te souviens, en Inde... je n’ai qu’une hâte, y emmener ma petite fille. / Je chante des paroles que j'invente sur l'air de evenou shalom alerem pour endormir mon enfant (mon enfant !) serré contre moi, sans vraiment savoir d'où je connais cette mélodie. / J’apprends à tricoter, à faire des choses de mes mains, grâce à elle surtout, une chouette copine. / Je lis moins de livres, je vais moins au cinéma, mais j'ai de grands projets à ce sujet pour la rentrée de septembre, et puis j'ai plus de temps pour regarder couler la vie, et je crois que ça me plait. Je deviens contemplative. // 


 
Un petit film contemplatif,
qui ne transmet pas ô combien ces jours-là étaient tendres et lumineux,
mais que j'aime bien tout de même.
*

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05 mars 2011

d'autres premières fois que la mienne

Ce n'était pas encore l'hiver mais presque, je crois qu'il faisait déjà froid. On m'avait proposé de participer à un joli projet, mais je n'avais pas envie de jouer toute seule. J'ai demandé à Anaïs si elle voulait bien créer quelque chose à partir de quoi je pourrais écrire. Elle a dit oui. D'autres premières fois que la mienne, c'était le sujet qui, pour la première fois, m'a fait écrire avec quelqu'un. J'y pense chaque matin quand je contemple ce très beau dessin d'Anaïs qui a pris place dans l'appartement.

*

Anaïs vient de publier Dans la maison de poupée aux éditions Autrement.
Achetez-le, offrez-le, c'est doux, c'est tendre, c'est gai.
C'est très très bien.

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01 mars 2011

cette mélodie c'est l'océan entre nous

// Mars ! 1er mars. / Des soirées dans notre bar préféré, tous les trois ou juste moi et les copains. / Une bougie de moisversaire plantée dans une banane. / Une recette de mousse au chocolat qui a occupée quelques unes de mes soirées. / Des rêves plein la tête pour les vacances de cet été. / Des devoirs ardus pour le master -en quoi l'auteur peut-il être utile à un éditeur pour la jeunesse ?- si jamais vous avez des idées, des pistes, je suis preneuse ! / Du gris dans le ciel et des lettres dans le bouillon. / Une balade avec les parents le dimanche après-midi. / La première interview de V. / Cette nouvelle chanson de Moriarty que j'aime déjà très fort, en attendant le nouvel album, Isaisabellabellalalalalaaaaaa. / Le facteur qui ne passe pas. Il ne passera jamais ? / De l'ananas rôti par ma maman, vraiment trop bon. / La première visite chez le pédiatre demain. / Une énorme envie de tout vider, ma tête, l'ordinateur, l'appartement, les boîtes à souvenirs, les boîtes à photos, les placards, tiroirs et autres recoins remplis de... vide, envie de tout planter là et de partir. Je veux du vent ! Du vent qui ferait voler tous nos oiseaux. / Printemps, on t'attend. // 

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Posté par polaroidgirl à 12:27 - - Commentaires [27] - Rétroliens [0]


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