17 janvier 2012

// C'est l'hiver, mais c'est l'hiver plein de soleil, et c'est bon. / Demain, je vais au yoga avec ma copine Sofia, au y.o.g.a., tout arrive ! Et même que pour fêter ça, je me suis acheté un body chez American Apparel, et ça m'a fait penser très fort à ma maman, qui portait des bodys quand j'étais petite, et ça lui allait drôlement bien. / Un soir, Anouk est venue manger des crêpes avec nous, et puis on a laissé V. et B. à l'appartement et nous sommes allées entre soeurs à l'avant-première de L'amour dure trois ans, et la flamme de fierté dans ses yeux quand je lui ai dit que c'était grâce à ce blog qu'on avait été invitées, elle m'a chauffée le coeur (et le film, bah, je ne sais pas si c'était la présence à mes côtés de ses bientôt 16 ans pleins de fraîcheur, mais je ne l'ai pas trouvé si nul !). En sortant, tard dans la nuit, un gobelet de jus de papaye à la main, elle m'a longtemps parlé de ses histoires de coeur alors qu'on marchait dans Paris, on a beaucoup ri et je l'ai quittée dans le métro, alors qu'elle mettait sur ses oreilles et ses cheveux longs son casque violet en me disant et des bisous au Bertillon !. / Un autre jour, je rêvassais dans la ligne 8 lorsque j'ai vu Audrey entrer dans le même wagon que moi. J'aime vraiment beaucoup ces petits hasards de la vie. Du coup, on est allé faire un petit tour chez Merci alors qu'il faisait déjà nuit, on a papoté à tous les étages, j'ai trouvé la taie d'oreiller en lin que je voulais en soldes et je l'ai quittée dans le métro, alors qu'elle allait faire des courses pour un dîner festif en me disant je t'appelle bientôt ! / Pssst, ce serait chouette si vous alliez voter massivement pour elle juste ici, parce que ses carnets de voyage sont de vraies pépites qui me font rêver. C'est hyper simple et jusqu'à fin janvier. / Le soir, j'aime notre rituel à tous les trois, quand on rentre de la crèche. D'abord, une séance de rires & chatouilles & rugissements de tigre sur notre lit puis un bain puis le pyjama puis le dîner puis le brossage des toutes petites dents puis, avant que V. ne lise l'histoire du soir à sa petite fille chérie, il y a ce moment où Bertille est assise sur la table à langer, et où elle demande en pointant du doigt successivement son tigre des neiges, puis Jérôme, mon ourson de quand j'étais petite, puis sa poupée Rosechoco puis MonsieurChaussettes, la créature by Émilie, et où, successivement, elle les serre très fort dans ses petits bras et les embrasse en leur léchant la truffe. Je pourrais la manger tellement elle est mignonne. / On prévoit doucement nos vacances de cet été, et rien que la perspective des jours longs et chauds me fait frissonner d'envie. / En attendant, je savoure ce temps-là, ce ciel bleu, la buée qui sort de ma bouche quand je descends notre rue et que je salue tour à tour l'épicier, le couturier, le pizzaiolo, le vendeur de vélos, les balades que l'on fait V. et moi dans le parc avant d'aller la chercher le soir, l'excitation de rentrer chez soi et de faire chauffer une bonne soupe chaude. / J'ai passé une après-midi à customiser l'agenda offert avec un magazine début janvier, j'avais l'impression d'être revenue au lycée et vous savez quoi ? il ne ressemble à rien mais je le préfère aux Moleskine de ces dernières années ! / J'aime bien quand avec V. on chante très (très, très) fort les ououououuuu de Bohemian Rhapsody et que Bertille ouvre de grands yeux ronds pendant juste une seconde avant de retourner à ses occupations genre pfff ils sont vraiment timbrés, faisons comme si de rien n'était... / En ce moment, j'ai l'impression que les choses que l'on veut vraiment sont à portée de main, je n'avais jamais ressenti ça de ma vie, c'est fou comme ça me change. / On prévoit une ÉNORME fête fin février, mais je suis chargée de la playlist et j'ai vraiment besoin d'aide, dites, vous me donnez un, deux, ou vingt titres de chansons qui font vraiment vraiment danser ? Ce serait hyper sympa ! / Je file me coucher pour être en forme et finir de combattre ma vilaine angine, je vous souhaite un aussi joli janvier que le mien, que le nôtre. Demain, le soleil se lèvera à 08h36, il se couchera à 17h24, nous serons le mercredi 18 janvier 2012, et nous fêterons les Prisca. // 

*

Posté par polaroidgirl à 22:33 - - Commentaires [43] - Rétroliens [0]


08 janvier 2012

à la peur qui te tient debout lorsque tout tombe

     J'ai crié très fort quelque part vers Montparnasse, j'ai pleuré aussi, et le mascara que je venais de mettre a coulé sur mes seins, traces noires sur peau blanche, les passants me dévisageaient, tous, très bien habillés, tous, très élégants, tous, très dignes, et moi, l'échevelée, je les regardais, et je me disais que c'était la seule chose que je pouvais faire, regarder les passants passer, j'étais seule, on était presque déjà le jour d'après, et je pleurais bien trop fort pour faire autre chose, et puis il est arrivé, j'ai ouvert la portière, je crois qu'il m'a dit de mettre ma ceinture et il a roulé très très vite, si vite que je n'avais plus tellement envie de pleurer, on est arrivé aux Invalides, on est descendu de voiture et on a vu la Tour Eiffel se mettre à scintiller, il embrassait mes joues barbouillées de larmes, il faisait très froid et il n'arrêtait plus de m'embrasser, on a entendu les gens hurler, tous, hurler, il a murmuré bonne année mon amour, et j'ai trouvé ça incongru et drôle, j'ai arrêté de sangloter, il a dit que ce serait l'année de la réconciliation, de toutes les réconcilations, j'ai dit oui mais si doucement que je ne sais pas s'il a entendu, il m'a encore embrassé, on a guetté les feux d'artifice mais on ne voyait rien, rien sauf le scintillement de la carcasse noire de la Tour Eiffel, alors on est remonté dans la voiture et 2012 a commencé.
     Les premières heures de la nouvelle année, on les a passées blottis sous notre couette avec du champagne et un saladier de pop-corn, à regarder Maman j'ai raté l'avion ; on a vu que le film datait de 1990, et on s'est dit que c'était impossible, quand même, qu'on l'ait vu à sa sortie, on n'avait que deux ans. Le lendemain, on a fait des photos d'amoureux dans la cuisine en buvant du thé vert à la rose puis on est retourné se blottir sous la couette. Bien plus tard, nous sommes allés chercher B. Ma mère lui donnait une compote quand nous sommes arrivés, et pendant longtemps, elle a fait mine de ne pas nous voir. J'ai aimé ça, qu'elle ne nous regarde pas, qu'elle continue à manger son goûter avec sa grand-mère et toute l'application dont elle est capable. Et puis, quand elle a considéré que le moment était venu, elle s'est tournée vers nous et c'était comme un rayon de soleil. Les jours qui ont suivi, j'ai souvent pensé à la chanson de Ferré, Tu penses à quoi ?, et à ces paroles magnifiques, [tu penses à quoi ? / à tout ce que tu sais de moi, et à ce que tu crois / à ce que je connais de toi sans te connaître ? et puis à la fin, quand il dit je t'aime], et aussi et surtout à la chanson Rêves secrets d'un prince et d'une princesse dans Peau d'âne qui est pour moi le programme d'amour parfait [nous irons nous promener la nuit / nous irons ensemble à la buvette / nous ferons tous deux des galipettes / nous fumerons la pipe en cachette / nous nous gaverons de pâti-sse-ries / nous ferons tous ce qui est interdit] ; je suis allée au cinéma et je me suis trouvée chanceuse, de pouvoir y aller souvent, j'ai compris que pour moi, c'était un lieu consolant comme pour d'autres les lieux de culte. Hier, j'ai monté quatre à quatre les quatre étages qui mènent au nouvel appartement d'une amie chère. Elle vient d'emménager avec mon ami d'enfance ; c'est moi, à l'époque, qui les avait présentés, et ça m'a fait tout drôle, de découvrir leur premier nid d'amoureux. C'était bien d'être là, toutes les trois, avec madame bleue, une bouteille de rosé et des tomates cerises comme si c'était l'été. Vers minuit, on a pris un bus, madame bleue et moi, on a un peu parlé de sa rupture amoureuse, puis nous nous sommes séparées à Montparnasse. Je suis passée devant l'endroit où j'avais tant crié, le 31 au soir, à 2012 moins un quart d'heure. J'ai marché un peu plus vite, sauté dans un métro, marché encore un peu. Il est descendu m'attendre en bas de l'immeuble, on a parlé longtemps sur le banc devant la porte, en regardant de temps en temps la fenêtre de la chambre de notre bébée, et puis, juste avant d'avoir trop froid, il a gravé, avec une clé, dans le banc, un coeur ; et, dans le coeur, un P. et un V.

*

Posté par polaroidgirl à 23:19 - - Commentaires [36] - Rétroliens [0]
  1