Pour toujours me souvenir des feuilles de platane qui tombent par grappes pendant que je prends un verre à Montparnasse avec mon ami d'enfance retrouvé, pour toujours me souvenir de mes trajets à vélo, de moi qui fonce comme un bolide sur les dos d'âne de la rue de l'Ouest, pour toujours me souvenir de ce nouveau quartier qui m'apprivoise si vite et si bien, moi qui pensais que j'allais vivre comme un petit animal planqué ; pour toujours me souvenir que quelqu'un a taggué une citation de Jaccottet près de la porte que je vais pousser une fois par semaine dorénavant, pour toujours me souvenir du soleil qui inonde les trottoirs, du bronzage de ma copine qui porte le même prénom que moi, pour toujours me souvenir du libanais de la rue Mouffetard dégusté un soir fin août 2012. Pour toujours me souvenir de l'envie de vomir le matin quand, à peine réveillée, je me souvenais que. Pour toujours me souvenir de ce jour où j'ai fermé la porte de chez moi en me disant que ça ne serait peut-être plus jamais chez moi, pour toujours me souvenir que je suis partie, mon Eastpack mauve de lycéenne sur le dos, en ne sachant pas très bien où j'allais. Pour toujours me souvenir de ce texte sur ma rue qui me semble déjà étrangère. Pour toujours me souvenir de cette découverte qu'il ne faut pas grand chose pour vivre, qu'il me suffit, à moi, d'avoir mon ordinateur, mon doudou, mon agenda, le stylo donné par Anaïs, mon parfum, ma plus jolie bague, un roman, une tasse préférée dans laquelle boire des thés à longueur de journée et une tasse préférée dans laquelle boire des cafés à longueur de journée, et pour toujours me souvenir que tout ça tient dans un sac à dos. Pour toujours me souvenir du goût de liberté de ces figues achetées au coin de la rue, du sourire du vendeur, des grains qui m'ont coulé le long des doigts. Pour toujours me souvenir que la vie réserve de drôles de surprises et m'adresse de drôles de clins d'oeil, pour toujours me souvenir qu'elle me tend aussi de sacrées perches. Pour toujours me souvenir de la robe que j'ai achetée ce jour-là et de pourquoi je l'ai achetée, pour toujours me souvenir du bus 38, pour toujours me souvenir des textos du soir. Pour toujours me souvenir des amies, pour toujours me souvenir de mes pas dans la rue Broca, celle des contes de mon enfance, pour toujours me souvenir du croissant de ce matin. Pour toujours me souvenir des sanglots, pour toujours me souvenir des nouvelles clés que j'ai dans mon sac, du nouveau code à apprendre par coeur et de cette nouvelle porte d'immeuble. Pour toujours me souvenir de la théière de verveine le soir et du soleil sur le parquet quand je me réveille le matin. Pour toujours me souvenir qu'on va pédaler comme des dératées, tout à l'heure, dans le soleil couchant, pour aller voir Superman assises dans l'herbe à la Villette, pour toujours me souvenir qu'on a placé beaucoup d'espoir dans les muscles de Marlon Brando, pour toujours me souvenir de la bibliothèque du Jardin des plantes. Pour toujours me souvenir de la capitulation expliquée par le brigand, pour toujours me souvenir des chats assemblés les mains tremblantes, pour toujours me souvenir.

Je ne reçois plus les commentaires dans ma boîte mail.
Quelques fois, quand il s'agit de commentaires très désobligeants (suivez mon regard...), ce n'est pas grave.
D'autres fois j'aimerais vous répondre. Une idée pour 
fix it ?

Ah oui, et pourquoi donc êtes-vous plus de 700 à venir chaque jour ici tout à coup ?
Welcome, et si vous avez un peu de temps, dites-moi, sérieusement, who are you guys ? 

Hé dites ! du 27 août
Merci beaucoup pour tous vos mots ici ou ailleurs.

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