tribute to mon tigron

La tigritude, c'est marcher marcher marcher, et marcher encore, sa petite main dans la mienne. Elle fait trois pas quand j'en fais un, trois petits pas qui font toptoptop à mes côtés. C'est marcher encore, marcher plus loin et encore plus loin, et quand elle n'en peut plus alors on continue encore, elle sur mes épaules, ses petites mains chaudes sur mes joues fraiches, et son rire qui semble venir du ciel. La tigritude c'est tous les trains qu'on a failli rater et qu'on a finalement pris, c'est tous les accroche toi mon chat ça va secouer lancés avant de sprinter dans les couloirs des gares, elle dans mes bras et notre bagage en bandouillère. La tigritude, c'est ça, c'est n'avoir ni voiture ni poussette ni porte-bébé ni rien, juste nos jambes et nos bras. La tigritude, c'est n'avoir jamais de parapluie non plus, c'est dire y peeeeu y peeeeu quand les trottoirs sont mouillés, mettre nos capuches et continuer à marcher doucement, parce que vous savez quoi, les tigres n'ont pas peur de l'eau, non. La tigritude, c'est élaborer des plans farfelus avec les copines pour essayer de n'acheter que les petits-suisses yauuunes, parce que visiblement, ce sont les meilleurs. La tigritude, ce sont toptoptop ses petits pas sur le parquet au petit matin, nos câlins sous la couette du grand lit où elle me rejoint, quand on s'étire en grognant comme des fauves, son corps contre le mien, et sa bouche sur mon nez sur mes joues sur mon front qui m'embrasse mille fois. La tigritude, c'est sa petite voix qui s'élève, toujours au moment où je m'y attends le moins, et qui dit contennnte moi, c'est tous les faux bonbons qu'elle me donne pour semblant, et des biiieus surtout. La tigritude c'est ce que je lui écris pour quand elle sera grande et qu'elle me demandera que je lui raconte son histoire. La tigritude, c'est quand on rugit, elle moi elle & moi, pour rire pour faire rire pour éloigner loin loin loin la peur porque te vas. La tigritude c'est avoir vingt ans et quelques d'écart avec cette enfant, et ne pas en revenir, parfois. La tigritude, c'est toute l'animalité qui nous lie, c'est renifler derrière ses oreilles et penser que ce serait possible, ah oui, tout à fait possible, de la transporter en la mordant par la nuque, tant c'est ma petite mon chaton mon Bertigron my girl my girl my girl. La tigritude, c'est jouer à cache-cache dans notre tout petit appartement, c'est me planquer toujours au même endroit et attendre de voir son museau apparaître. La tigritude, c'est embarquer tout le monde avec nous, la famille, les copains, les amis, c'est former une grande famille de tigres [toi-même tu sais, là-bas], c'est apprendre à rugir en choeur, en coeur. La tigritude, c'est le test que l'on fait passer aux nouveaux, le test du rugissement, et c'est les rires qui s'ensuivent, souvent, toujours. La tigritude c'est manger les coquillettes et le jambon avec les doigts parce qu'on en a envie, c'est éplucher dix clémentines dans l'après-midi parce qu'on en a envie, c'est goûter à tous les petits-suisses du monde mais toujours préférer les yaunes, hé ouais. La tigritude, c'est regarder des ballets classiques blotties toutes les deux sous une couette parce que les dessins animés, c'est has been et c'est, évidemment, s'extasier sur les ffffffffilles qui dansent avec leurs beaux tutus. La tigritude, c'est avancer, quoiqu'il arrive, elle & moi, sur le chemin qu'il y a devant nous. Et qui nous aime nous suive. La tigritude, c'est elle qui comprend, du haut de ses deux ans, que la vie c'est compliqué, c'est la regarder jouer avec ses potes, avec sa copine qui a deux mamans, avec son copain qui n'a jamais eu de papa, avec sa copine dont le papa est parti puis revenu ; la tigritude, c'est toutes les belles personnes qui nous entourent d'amour. La tigritude c'est l'errance de cet été, c'est quand on allait hurler dans le vent et c'est le souvenir de ses sanglots contre mes sanglots, la tigritude c'est tous les lits dans lesquels on a dormi imbriquées en poupées russes si bien qu'en nous regardant, il aurait été difficile de dire qui chantait pour l'autre qui berçait l'autre qui consolait l'autre. La tigritude, c'est la petite valise en liberty remplie de petits souvenirs de son enfance bringuebalée [mais l'enfance, qui sait où ça commence qui sait où ça s'arrête ?] ; la tigritude, c'est la petite valise jaune de ses week-end "sur deux", ses week-end de bringue. La tigritude c'est la manière qu'elle a de me guider sur le chemin de la maternité. La tigritude, c'est l'immense et indéfectible confiance qu'il y a entre nous. La tigritude, c'est pouvoir la faire rire en faisant juste une mimique, au milieu d'un dîner où on s'emmerde un peu. La tigritude, c'est nous comprendre sans parler, et c'est, à défaut d'être merveilleuse, quand vient la nuit et que son souffle s'apaise, devenir mère-veilleuse.
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/ Merci, dites, pour tous vos mots là en-dessous. Tous, vous êtes formidables. /
/ J'aime bien, en fait, savoir qu'il y a des gens qui me lisent, derrière la fenêtre. /
Commentaires sur tribute to mon tigron
- je vous lis depuis presque deux ans déjà...je suis fan addict de ces mots sur les maux sans ponctuation aucune on sent la vie, le souffle l'air l'essentiel et le truc qui nous raccroche à ce je je sais pas quoi de commun qui nous dit : tiens la vie est belle ! j'ai osé me lancer dans l'aventure bloggistique, j'ai (sans vous demander et je vous prie de m'en excuser) mis votre blog en lien sur le mien...lorsque je lis que vous êtes venue dans ma ville au beffroi, je me dis : tiens elle était là , comme Marion...et nos regards ont du se croiser; longue vie à bertigrouille, bertigre et sa tribu ! merci à vous pour tout cela

- l'instinct!

"le savoir qu'implique la survie"
grit grit grat grat
le bruit de la griffe
qui cherche
tu connais ce bouquin? http://www.editions-magnani.com/tigreblanc.htm - Toute cette énergie, toute cette douceur, toute cette envie de vouloir plus, plus grand, plus beau, toute cette force, toute cette poésie, toute cette noirceur parfois, toute cette faim... Vous êtes vivante Pauline! Tellement vivante que ça donne espoir, envie de croire, d'affronter et d'avancer aussi. Chérissez cette flamme, elle est belle, et si je lis bien les mots des autres ici, elle inspire. Vos mots c'est comme un voyage dans le temps, un peu irréel, un peu magique, avec beaucoup de clins d’œil dedans. Un grand sourire et quelques larmes d'émotion. On se sent vivant quand on vous lit.

- La tigritude c'est aussi vous voir vous sourire dans la grande maison après vos retrouvailles et avoir l'impression que vous êtes dans un autre monde, juste toutes les deux.

(bon, par contre les meilleurs c'est les roooooses, je réitère)
(et est ce que c'est grave si j'ai envie de m'habiller aussi joli qu'une énergumène de 2 ans ?) - Moi aussi je suis un des gens de derriere la fenetre... ne laissant jamais de commentaires parce que mes mots ne pourront jamais etre aussi beaux que les tiens Pauline... mais lisant regulierement tes morceaux de vie, tes coups de gueule, tes mots si beaux, si juste, si forts. Je ressens ta tristesse, ta joie... un peu dans l'ombre. Maman d'une petite puce de 6 mois, au milieu d'une grande ville avec comme toi ceux qui embarquent avec nous la famille les copains les amis. Merci a toi. Mere-veilleuse, Mere-aimante, Mere-bienveillante, Mere-folie, ... tu es tout cela a la fois!

- Merveilleuse aussi et fabuleuse et courageuse et magnifique !

Pour votre bébé tigre, est-ce que vous connaissez ceci ?
http://www.youtube.com/watch?v=Aw6Kh-lzVgM&gl=FR&hl=fr
Chemin faisant... - Aucune doute, tu es "mère-veilleuse". Pour tout ça, tous ces textes, tout ce que tu construis autour et avec ton tigron, tous ces instants comme des évidences, mais également pour tout le reste. Mais nécessairement aussi tu es tellement "mère-rites", tu en as tant et tant. J'imagine qu'on ne te le répétera jamais trop... Bon sang comme je t'admire Pauline!

- La tigritude c'est rentrer tard ce soir après une bad journée à l'hôpital avec des mauvaises nouvelles,ouvrir l'ordi et me dire si Pauline a posté c'est un bon signe et qu'il faut avancer, avancer, regarder devant. Et il y était le post ! Et il parle d'avancer malgré et contre tout. Merci Pauline, vos paroles sont mes meilleurs médocs. Quelle force donne votre écriture. Si vous saviez la puissance de vos mots.

- Malgré tous les doutes qui peuvent t'assaillir depuis cet été, malgré toutes tes hésitations, sois certaine que Bertille part dans la vie avec un don incroyable : l'amour de la mère tigre. Celui dont tu la couves, celui qu'elle respire quand tu lui parles, celui qu'elle lit dans tes yeux, celui de ton cœur qui palpite, celui qui s'incarne dans tes mots.


















Des bisous