18 mars 2013

les oiseaux aussi font la course avec nous

C'est vendredi soir et j'attends le garçon de juillet à Saint-Paul. Il fait froid, il fait nuit, il pleut, mais ce n'est pas grave, je suis bien, là, à écouter de la musique en regardant les gens. Je souris en me souvenant que la semaine dernière, à la même station de métro, Marie et moi, sans nous concerter, avions pris la même fille en photo parce qu'on la trouvait belle. Là aussi je prendrais bien une fille en photo, et puis deux garçons, aussi, tiens. Les gens sont beaux quand ils se sont faits beaux, quand ils... [Lire la suite]
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13 mars 2013

un pauvre chapiteau en fête

Les frissons, tout le temps, dès que je bouge un peu. Alors je ne bouge plus, c'est bien simple, je ne bouge plus. Je vois mes pieds avancer l'un après l'autre sur le chemin de la crèche, le seul que je suis capable de faire. Je sèche l'IUFM, je sèche le travail, je sèche la vie. J'ai froid, j'ai vraiment trop froid, et les douches brûlantes me décapent la peau sans vraiment me réchauffer. Je me fais mal sans cesse, je me cogne, je me coupe bêtement et mon sang gicle sur le mur blanc, je m'égratine avec mes propres ongles. Je me... [Lire la suite]
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07 mars 2013

après moi la pluie

Premier mars, mars, Marseille. Je ne suis pas encore tout à fait guérie du désir de ces voyages éclairs que j'ai depuis juin dernier ; je crois que j'ai encore prodondément besoin de mes courses échevelées vers mes échappées SNCF, du temps du train comme une étreinte, tougoudoum tougoudoum tougoudoum, du crépitement des rails pour mon cœur décrépit. 1er mars, c'est un vendredi soir, je sors du tégévé avec mon sac sur l'épaule, mon casque sur les oreilles et du rouge sur les lèvres. La gare Saint-Charles, alors qu'il... [Lire la suite]
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28 février 2013

je marche sur les rails et je trompe la mort

Je suis seule. Je n'ai jamais été aussi entourée, et pourtant je suis seule, si seule. J'ai longtemps été, je crois, pour mes amis, cette île où il faisait bon se reposer. J'ai longtemps été, je crois, l'oreille attentive, l'amie tasse de thé, le boute-en-train en train de rire. Je n'y arrive plus. Je ne sais plus faire. Je ne peux pas m'enthousiasmer. C'est qu'il y a tout ce vide sous mes pieds. Souvent je ferme les yeux et derrière mes paupières closes je regarde le ciel pour éviter de regarder en bas. Le vide, le vide, le vide,... [Lire la suite]
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13 février 2013

chaque nuit qui vous semble à chaque nuit semblable

Vendredi soir, on court sous la pluie avec Anouk, nos écharpes sur nos cheveux et nos chaussures qui évitent les flaques, on court vite sur le macadam mouillé en criant et en riant à la fois. On vient de s'échapper d'un café enfumé où on avait attendu vingt minutes, après avoir fait toutes les boutiques de fringues de mon quartier, avant de nous décider à ne rien commander finalement. On retrouve Nathan, entièrement trempé, dans un autre endroit. Tous les trois, on mange des frites en commentant les vies qui tournent autour de... [Lire la suite]
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04 février 2013

pour un été combien d'hivers

Sur l'étagère la plus basse de la bibliothèque du dernier étage de la Grande Maison, je traque des preuves de ma propre enfance. J'ai été, moi, enfant ? J'ai été, moi, un jour, enfant ? J'ai été, moi, un jour, putain, enfant ? C'était quand, au juste ? C'est la voix de qui, hein, qui résonne quand j'écris chaque fois que j'écris ? Est-ce que c'est moi ou bien est-ce que. Avec madame bleue, nous sommes montées sans un bruit, au dernier étage de la Grande Maison, et on regarde des photos de moi bébé. Elle dit je te reconnais... [Lire la suite]
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25 janvier 2013

tous les enfants de l'enfer

Est-ce que j'y pense, hein, est-ce que j'y pense ; j'essaye de me convaincre que oui, que oui j'y pense mais je sais bien que non. Non, je n'y pense pas, voilà, c'est comme ça, je n'y pense pas. Pourtant parfois, et toujours quand je m'y attends le moins, je l'imagine. Je me figure son corps nu dans la douche où elle ne sait plus descendre seule ; j'imagine le tremblement qui agite ses mains lorsqu'elle tient son sac collé contre sa vieille poitrine fatiguée, de peur qu'on le lui vole. Dans sa propre maison, oui, qu'on le lui vole... [Lire la suite]
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17 janvier 2013

tribute to mon tigron

La tigritude, c'est marcher marcher marcher, et marcher encore, sa petite main dans la mienne. Elle fait trois pas quand j'en fais un, trois petits pas qui font toptoptop à mes côtés. C'est marcher encore, marcher plus loin et encore plus loin, et quand elle n'en peut plus alors on continue encore, elle sur mes épaules, ses petites mains chaudes sur mes joues fraiches, et son rire qui semble venir du ciel. La tigritude c'est tous les trains qu'on a failli rater et qu'on a finalement pris, c'est tous les accroche toi... [Lire la suite]
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10 janvier 2013

aux encres des amours les navires se déchirent

Évidemment qu'est-ce que tu crois connasse connasse connasse, évidemment que c'est dur, évidemment que j'ai mal partout, que j'ai peur tout le temps, que j'ai envie d'hurler à la lune ; j'ai vingt-quatre ans, une enfant de deux ans j'ai pas encore de métier et je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie de sa vie de nos vies de la vie. Et toi, V., le roi du silence, le mort-vivant, trop mort ou trop vivant je ne sais pas je ne sais pas je ne sais plus, le zombie remuant de ma sombre existence, tu pars, toujours tu pars, tu prends... [Lire la suite]
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03 janvier 2013

jusqu’à voir des couleurs en attendant que ça passe

Décembre depuis l'antichambre du ciel, les lumières dans les arbres nus tout en bas sur le boulevard comme des confettis, et le panneau lumineux publicitaire qui change toutes les sept secondes exactement, et, toutes les quatre affiches, il y a Bertrand Delanoë qui présente ses voeux aux parisiens. Décembre depuis l'antichambre du ciel, le vent qui souffle tout contre mon oreiller, et l'odeur de la belle bougie dans la toute petite chambre minuscule dont je vais garder la clé, c'est sûr. Décembre depuis l'antichambre du ciel, et... [Lire la suite]
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